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12.03.2011

Dour, vu par ... Stefan André

stefan thibeau, cinéma, écran libre, centre culturel, interviewStefan André fait partie de la troupe de théâtre "La Roulotte Théâtrale" d'Elouges. Mais c'est aussi un "filmovore", comprenez par là un "dévoreur" de films, surtout ceux dits "d'auteur".

Logique, il est aussi cinéaste et instigateur de l'Ecran Libre, une séance de cinéma spéciale où des courts-métrages sont diffusés sans censure, au centre culturel de Dour tous les trimestres.

Et c'est Stefan qui inaugure notre chronique "Dour, vu par ..." aujourd'hui.

 

Voici notre interview décalé (quoique...) de Stéfan Thibeau :

Ca va ?
Très bien

Quelle heure est-il ?
16h45

Qu'y a-t-il sur le mur devant vous ?
Des affiches de films « i vitelonni » de Fellini, The Bow de Kim Ki DUk, Spider de Cronenberg etc…Victor Mature et Montgomery clift me regardent tout en fumant leurs clopes et l’origine du monde de Courbet  ne cesse de me rappeler d’où je viens.

La première chose à laquelle vous pensez quand vous vous réveillez ?
Une question qui n’a de cesse de me tarauder : « faut-il mettre la moelle de l’épée dans le poil de l’aimée ? »

Lisez-vous régulièrement le journal LaProvince ?
Assez régulièrement.

Qu'en pensez-vous ?
Je lis la province pour ses articles de proximité.

 

Ecran Libre…

Vous organisez l’Ecran Libre au Centre Culturel de Dour tous les trimestres. Comment est né ce projet ?

Le projet de l’ecran libre est né parce que j’en avais plein le cul de devoir remplir  formulaire d’inscription sur formulaire pour inscrire mes films à des concours stupides déstinés uniquement à mettre en compétition des films. J’avais envie de permettre aux réalisateurs de montrer leur travail  amateur ou pro comme des films en tant que tel, comme des œuvres de fiction dignes d’être vues . Pour citer encore une fois ce génial Duchamp qui nous dit qu'en art la perfection n’existe pas et que pour qu’un artiste soit taxé de génie, il devra attendre le verdict du spectateur…à mon humble niveau, je veux offrir cette possibilité aux réalisateurs.

Quand aura lieu le prochain ?

Le 31 mars et ensuite le 5 mai

Un invité est à l’honneur à chaque séance. Qui sera le prochain ?

Nous devions recevoir Jan Bucquoy mais en raison de la mort de mon ami André Debaar, j’avais envie de lui rendre hommage et de le réinviter mais cette fois à titre posthume.

Qui était André Debaar pour vous ? Sa disparition vous attriste-t-elle ?

André est la seule personne jusqu’à présent qui m’a fait pleurer à un enterrement.
Pour moi, c’est le seul que je peux considérer comme mon grand-père mais je préfère l’appeler "mon ami". Pourtant, dès notre première rencontre, tout ne se présentait  pas sous les meilleurs auspices.
Lui avait la septantaine, moi la vingtaine. Tout nous séparait, je le trouvais suffisant, sûr de lui et méprisant à mon égard.
Ce que je prenais pour du mépris n’était qu’un malentendus qui venait de notre différence d’âge.
Que de fois ne m’a-t-il pas repris sur ma façon de parler, de mâcher mes mots tandis que lui articulait distinctement chacune de ses syllabes.

 

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Petit à petit, ces différences se sont estompées  et nous nous sommes retrouvés sur le fait que l’époque à laquelle il appartenait était une époque bénie pour le théâtre et moi de surenchérir à propos du cinéma. Je venais chez lui très souvent quand j’habitais à Bruxelles , nous mangions ensemble et je lui apportais des dvd de films qu’il adorait.
Je me souviens avoir vu avec lui Volpone et avoir essayé de l’initier à Jean-Luc Godard avec le Mépris. Mais je voyais bien sur son visage qu’il n’aimait pas et j’en eu la confirmation quand j’entendis de sa bouche : « tu aimes ça ? » ;)
Quelques jours après sa mort, Annie Girardot suivait le même chemin à peu près de la même façon. Victime de la cruauté, non pas du métier comme beaucoup le disent mais d’un manque d’intérêt général et d’audace de la part des jeunes générations qui avaient peur, à l’exception de certains, de les faire tourner.

 

 

Personnellement...
Vous donne-t-on un surnom ? Si oui, lequel et qui vous appelle ainsi ?
J’ai plusieurs surnoms. D’abord, Stef, tout simplement et puis le plus vieux Réré qui vient du fait que je m’appelle Stefan André d’où réré.

Une phrase que vous n'aimez pas ?
Il y en a tellement… mais la pire est sans doute celle-ci … « t’as pas envie de faire un vrai film ? » entendez "vrai film" par "gros budget".
Les autres phrases épouvantables sont toutes celles de ces bien pensants qui traitent Céline de collabo alors qu’on n’en à rien à faire de savoir si c’est un connard ou non, ce qui compte ce sont les livres. Ou alors boycottons les livres de Voltaire qui était pour la traite négrière et bien d’autres.

Votre phrase préférée.
« De Rome pour un temps Caius fut les délices mais sa feinte bonté se tournant en fureur les délices de Rome en devinrent l’horreur ». C’est de Racine dans Britannicus.

Ou alors la phrase d’Hugo dans Ruy Blas « te fuir ? Moi qui n’ai jamais souffert, n’aimant personne. Moi pauvre grelot vide où manque ce qui sonne… ».

Et une autre de Dylan :  « take a woman like you to get through to the man in me ». Traduction :  « il faut une femme comme toi pour atteindre l’homme en moi »

Que mangez-vous à midi ?
Ce qu’on me propose. Je n’ai rien d’un épicurien. Je suis  stoïcien. Je ne suis pas très bonne chère.
Je n’aime pas énormément m’asseoir pour manger.

Le pays visité le plus lointain ? Et pourquoi ?
J’ai horreur de voyager comme dirait Raymond Devos :  «  Il déteste tellement les étrangers que lorsqu’il part en vacances, il ne peut pas se supporter ». Ceci dit, je suis parti en Ukraine pour tourner mon film « un homme qui te ressemble », étant moi-même petit-fils d’ukrainien et je ne le regrette pas. Prochain voyage : l’Irlande. Pour retrouver mes autres origines.

Combien avez-vous d’amis sur Facebook ?

386

Et combien de 'vrais' amis dans la vie réelle ?
une petite dizaine

 

En politique...

Suivez-vous l’actualité politique belge ? Qu’en pensez-vous ?

Je suis la politique mais je ne peux m’empêcher de penser que la politique c’est l’art d’enculer les mouches comme le disait ce cher Bukowski
Je n’en dirais pas plus je trouve tout cela pathétique

Si vous pouviez être à la tête d’un ministère, quel serait-il et quelle serait la première mesure que vous prendriez ?

J’irai en face du palais royal et je me ferai Hara kiri comme Mishima mais avant j’essayerais de suivre l’exemple de Louise Michel et de tirer profit de sa sagesse pour rendre la vie un peu plus vivable …en vain je pense.

 

Petit portrait chinois...
Si vous pouviez être quelqu'un d'autre, qui seriez-vous ?
John Cassavetes. J’aime à penser que je suis son fils spirituel.
"Si vous aimez mes films tant mieux, si vous ne les aimez pas tant mieux… Avant tout, nous faisons des films pour nous".

Votre principale qualité ?
Anartiste

Votre principal défaut ?
Anartiste

Votre proverbe préféré.
Epictète : « va dire des injures à une pierre, à quoi cela t’avancera-t-il ? Elle ne t’entendra point..Imite la pierre, et n’entends point les injures qu’on te dit »

« tu as pitié des aveugles, des boiteux ; pourquoi n’as-tu donc pas pitié des méchants ? Ils sont méchants malgré eux, comme les autres sont boiteux et aveugles »

Si vous étiez :

  • un fruit : Fraises en référence au film des fraises et du sang. Film montrant les révolutions estudiantines dans les années 70.
  • un objet : Et ben non…. pas une caméra  mais bien un écran car comme le dit Peter Greenaway "même si le cinéma est mort, l’écran lui est toujours vivant".
  • un animal : Un chat bien sûr. Pour sa liberté, pour sa façon de dire "va te faire foutre" et de se lier d’amitié avec quelqu’un et pas seulement son « maître », ce mot c’est bon pour les toutous
  • un poisson : d’avril

Petit portrait dourois à présent...
Si vous étiez :

  • un commerce dourois : Neopolis
  • un resto dourois : La cité du saké
  • un évènement dourois : Elouges en blues
  • une autre personnalité douroise : Claude Damien j’aimerai énormément avoir son talent
 

Les questions aux réponses impossibles...

Théâtre ou cinéma ?

Il y a quelques années , j’aurais répondu sans hésiter cinéma mais maintenant les deux activités sont aussi importantes.

Papa ou maman ?
La dernière fois qu’on m’a posé cette question c’était en primaire et j’avais dit : les deux, je n’ai pas changé d’avis et je le répète les deux.

David Lynch ou Jean-Pierre Mocky ?

Sans hésiter Mocky. Ceci dit, y a Polanski aussi.Là le choix est beaucoup plus cornélien

Et pour finir ...

Heure du coucher ?
Le plus tôt 1H du mat
Le plus tard 3H

Qu'y a-t-il sous votre lit ?
Ca ne vous regarde pas ;
Des Livres et des DVD
Dans le détail, attendez je regarde…  « Amour sexe et chasteté » de Krishnamurti , « et puis un jour j’ai entendu Bob Dylan » de Alain Rémond, « La subjectivité à venir » de Slavoj Zizek, Le porte – lame de Burroughs, Dans le Parc de Daniel Simon, en dvd la dernière saison de deadwood emprunté à mon pote Jean-Claude Derudder, un vinyle du Berlin deLLou Reed, l’intégrale de la série PALACE, Brigadier Fowler avec Rowan Atkinson sans oublier Albert  le cinquième mousquetaire, Sadomania, vampire lesbos de Jess Franco et oui c’est un vrai bordel sous ce lit ;)

Avez-vous un secret à nous révéler ?
Comme nous sommes entre nous et que vous ne le répéterez pas …j’aime Edward Wood Jr. Ah ben non, ce n’est pas un secret, c’est une fierté. Un secret…euh euh euh ah oui voilà j’ai trouvé : je trouve qu'Eric Zemmour est un grand écrivain mais ce n’est un secret pour personne.

Comment aimeriez-vous mourir ?
Lentement, contrairement à beaucoup qui voudraient mourir très vite ou en dormant.
Ma pire crainte est la rupture d’anévrisme. Mourir sans s’en rendre compte ou dans son sommeil ce n’est pas pour moi.
Pour mon enterrement, j’aimerai être enterré dans un drap, à même la terre, avec une petite pierre sur laquelle serait écrit « quand je mourrai, je ne ferais que rendre ce qu’on m’a prêté »

Votre devise ?
Une que m’a dédicacé Jean-Claude Derudder : « si mon théâtre pue c’est parce que l’autre sent bon » de Jean Genet ou alors l’éternel :  « si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, allez vous faire foutre » réplique d’"a bout de souffle".

Quel est "Votre Dour" à vous ?
Celui des endroits où j’ai filmé le terril, la Place Verte désormais célèbre depuis que nous y avons tourné les scènes de mon dernier film « Simples images » .  

Quelle heure est-il à présent ?
20h. Oui, je sais, j’ai pris du temps pour répondre à ces questions, j’ai même raté "on ne demande qu’a en rire" SALAUD ;)
Je plaisante, c’était très marrant à faire entre deux montages et une interview de Daniel Simon, d’où mon retard.
 


Reportage réalisé à l'occasion du tournage du court-métrage "el fème su l'terris"

 


Dans l'émission "service compris" sur tele mb

 


Reportage sur le festival de théâtre de rue de Mons 2012

 




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